Vingt ans plus tard

Il y a vingt ans, allez un peu plus, disons 23, je découvrais le bonheur d'être en mer et les joies de la navigation à la voile.
Aujourd'hui à 28 ans passés de quelques jours, j'entame les ultimes préparatifs de ma première traversée de l'Atlantique à la voile, en solitaire et en course.

Que de chemin ou plutôt que de milles parcourus entre ces deux photos.

A 25 jours du grand départ, mon fidèle Mahi-Mahi et moi sommes concentrés sur les derniers détails qui, nous l'espérons, feront toute la différence.
Faire des listes pour ne rien oublier, démonter, contrôler et remonter, inspecter minutieusement les moindres recoins de mon petit bateau et surtout se remettre en question, toujours, pour ne rien regretter ensuite.

Mais pourquoi faisons nous tout ça?
Non nous ne sommes pas fous, mes 89 concurrents et moi-même; ou alors juste un peu, juste assez pour oser sortir de notre zone de confort et revenir, l'espace de quelque semaines, à des problématiques aussi simples que celles de la vie en autonomie complète, loin de tout, coupée du monde.

Ais-je prévu suffisamment de nourriture et d'eau ? Le calme plat va t-il laisser place à une belle brise qui nous permettrait de glisser vers la ligne d'arrivée ou au contraire le mauvais temps cessera t-il avant d'avoir raison de la structure de mon minuscule bateau?
Ce cargo là bas m'a t-il bien vu? Serais-je capable de faire face aux avaries qui tenteront de me barrer la route?

Autant de question qui ne trouveront de réponse qu'une fois la ligne d'arrivée franchie devant le port du Marin en Martinique.

Pour l'heure je me sens prêt, j'ai besoin d'y aller, besoin de partir et de me retrouver seul face à moi-même, au milieu de nul-part et avec l'immensité à 360° à la ronde.
Il est temps pour moi de savourer mes derniers jours à terre, mêlé à la civilisation avant de prendre le large mais le compte à rebours du départ ne laisse que peu de répit.

Place aux derniers préparatifs

La préparation technique de Mahi-Mahi n'est pas ma seule préoccupation de ces dernières semaines;
Je dois également m'assurer de prévoir tout ce qui me sera indispensable une fois en mer, à commencer par l'avitaillement, mais aussi les vêtements en quantité suffisante pour affronter sereinement 15 à 20 jours de vie au large;
Vérifier la pharmacie et l'ensemble du matériel de sécurité du bord, anticiper les avaries pour prévoir de quoi réparer sans assistance extérieure (qui le cas échéant entraînerait ma disqualification immédiate).

Rassembler tout le matériel spécifique aux interventions "extra-ordinaires" comme plonger sous le bateau pour se libérer d'un filet dérivant ou encore monter au mat pour réparer une drisse ou un pièce de gréement en mer par exemple.

Il faut aussi penser au confort, du moins un minimum: de quoi dormir, de quoi s'asseoir confortablement pour passer des heures et des heures à la barre dans les Alizés,  de quoi se sécher et aussi une bonne playlist pour se remonter le moral lors des moments difficiles.

Bref, un planning bien chargé et peu de temps pour s'ennuyer.

Le programme de la Transat

Rendez-vous dans le bassin des chalutier, au vieux port de La Rochelle, à partir du 11 septembre.
S'en suivra 10 jours de présence obligatoire où les skippers devront assister à divers briefings et contrôles.

Je fais tout mon possible pour être fin prêt à cette date de manière à être 100% disponible pour les visiteurs du village de la Transat qui sera bien évidement ouvert au public.

Si vous passez dans le coin, n'hésitez pas à venir vous promener sur les pontons pour me rendre une petite visite, je serai très heureux de vous faire découvrir mon petit Mahi-Mahi.

Plus de nouvelles fraîches à venir très bientôt alors restez connectés

A bientôt

Julien

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